Dans le système de la communication scientifique contemporainLe système de la communication scientifique est le dispositif de médiation entre tous les acteurs présents et futurs de la recherche. .(Beaudry, 2011, p. 21)
, un écrit existe pour les communautés savantes auxquelles il est adressé quand il est présent dans une grande variété d’espaces de visibilité (notamment bibliothèques, librairies, mais aussi sites web institutionnels ou d’éditeurs, moteurs de recherche, réseaux sociaux, archives en ligne,...). La condition « post-numérique » des écrits scientifiques, selon laquelle l’expérience de ces derniers se voit toujours affectée à un moment ou à un autre par des procédures computationnelles (Ludovico, Cramer, & Bortolotti, 2016), induit chez eux une capacité à se prêter à des jeux de recombinaison et de reformulation multiples, lesquels sont caractéristiques du régime de l’éditorialisation (Vitali Rosati, 2016). Cet état implique également une pluralité de modalités de fréquentation et de contextes sociaux, techniques et esthétiques, qui construisent autant de cadres interprétatifs pour la lecture, l’écriture et l’édition des textes (Drucker, 2011) .
, un écrit existe pour les communautés savantes auxquelles il est adressé quand il est présent dans une grande variété d’espaces de visibilité (notamment bibliothèques, librairies, mais aussi sites web institutionnels ou d’éditeurs, moteurs de recherche, réseaux sociaux, archives en ligne,...). La condition « post-numérique » des écrits scientifiques, selon laquelle l’expérience de ces derniers se voit toujours affectée à un moment ou à un autre par des procédures computationnelles (Ludovico, Cramer, & Bortolotti, 2016), induit chez eux une capacité à se prêter à des jeux de recombinaison et de reformulation multiples, lesquels sont caractéristiques du régime de l’éditorialisation (Vitali Rosati, 2016). Cet état implique également une pluralité de modalités de fréquentation et de contextes sociaux, techniques et esthétiques, qui construisent autant de cadres interprétatifs pour la lecture, l’écriture et l’édition des textes (Drucker, 2011) .
Afin de tenir compte de la multiplicité des contextes et des systèmes socio-techniques supportant l’activité des communautés savantes, les concepteurs de dispositifs éditoriaux orientent de manière croissante leur méthodologie d’élaboration en fonction d’une représentation métaphorique séparant « contenu » et « présentation » (Clark, 2007). Selon cette métaphore opérationnelle, l’enjeu de conception des environnements de communication scientifique serait alors de permettre une circulation optimale des « contenus » qui préserve leur substance cognitive tout en leur autorisant une diversité de formes. Pour ce faire, il s’agirait de les « structurer » en accord avec le sens qu’ils seraient censés transporter, et également avec la diversité d’opérations de manipulation (extraction, indexation, enrichissement,...) permettant leur passage d’un espace de visibilité à un autre. Les formes de « présentation » de ces contenus se verraient alors aménagées de manière incidente et seconde, en fonction de pratiques et de contextes locaux.
Dans le passage des « contenus » à leur « présentation » intervient cependant un type d’acteur qui vient questionner ce partage métaphorique : celui des formats de données. L’étude de ces derniers, qui sont situés entre cognition et matérialité, formalisation et mise en forme, persistants dans leur présence discrète au fil des diverses existences des écrits, permet d’interroger la place des activités de design dans les environnements polymorphiques de la communication scientifique contemporaine.